Qu’est-ce que les milieux aquatiques ?
BASSIN VERSANT
Un bassin versant est un territoire géographique bien défini qui correspond à l’ensemble de la surface recevant les eaux qui circulent naturellement vers un même cours d’eau ou vers une même nappe d’eau souterraine.
Un bassin versant se délimite par des lignes de partage des eaux entre les différents bassins. Ces lignes sont des frontières naturelles dessinées par le relief : elles correspondent aux lignes de crête.
Les gouttes de pluie tombant d’un côté ou de l’autre de cette ligne de partage des eaux alimentent deux bassins versants situés côtes à côtes.

Le bassin versant d’un cours d’eau est composé par l’assemblage des sous-bassins versants de ses affluents et ainsi de suite.
Ainsi, le bassin versant de la Gartempe est le territoire sur lequel s’écoule la Gartempe depuis sa source jusqu’à sa confluence avec la Creuse, ainsi que les sous-bassin versant de ses affluents.
COURS D’EAU
Selon l’article L215-7-1 du Code de l’Environnement, un cours d’eau se définit par trois critères :
- Il doit être issu d’un écoulement d’eaux courantes dans un lit naturel (à l’origine).
- Son alimentation doit provenir d’une source.
- Le débit doit être suffisant la majeure partie de l’année.
Le débit varie annuellement entre périodes de crues et périodes d’étiage (niveau minimal) en fonction des conditions climatiques principalement. La morphologie des eaux courantes et leurs connexions aux milieux humides adjacents sont perpétuellement remaniés. La circulation d’eau entre cours d’eau et milieux humides permet le transfert d’éléments minéraux et organiques de l’amont vers l’aval des bassins versants, jusqu’aux zones côtières et estuaires.
Les cours d’eau et leurs zones humides purifient naturellement les eaux et accueillent au mieux la vie aquatique lorsqu’ils sont en bonne santé et présentent des formes et des habitats diversifiés. Les radiers, qui sont les zones peu profondes et turbulentes, jouent un rôle essentiel dans l’oxygénation des eaux, tandis que les mouilles, qui sont les zones plus profondes et calmes, permettent l’accumulation de matières et offrent des habitats complémentaires.
LIT MINEUR et LIT MAJEUR
Le lit d’un cours d’eau correspond, habituellement, à la partie de la vallée dans laquelle s’écoule un cours d’eau. On distingue le lit mineur, limité par les berges, du lit majeur, occupé temporairement lors des crues.

Après un épisode de crue remarquable, l’homme mesure l’ampleur des dégâts que le passage des eaux a provoqué. On peut souvent entendre le même discours sur l’impuissance des hommes face aux forces de la nature et quelques semaines plus tard, nous reconstruisons ou réparons les ouvrages détruits, les berges érodées, les routes arrachée, jusqu’à la fois prochaine.
La question simple de l’espace de liberté d’un cours d’eau n’est jamais posée. L’idée que l’homme puisse contraindre une rivière prévaut toujours sur celle qui voudrait qu’on lui concède l’espace sur lequel elle s’étale, déplace ses sédiments, modifie son tracé, déborde, etc. et surtout, que l’homme s’y adapte, particulièrement, quand il y bâtit des ouvrages, des entreprises ou des habitations.
ZONE HUMIDE
En France, le code de l’environnement définit les zones humides comme des « terrains, exploités ou non, habituellement inondés ou gorgés d’eau douce, salée ou saumâtre de façon permanente ou temporaire ; la végétation, quand elle existe, y est dominée par des plantes hygrophiles pendant au moins une partie de l’année. »
La préservation de ces écosystèmes et leurs fonctions constituent une solution fondée sur la Nature pour assurer le bien-être humain, la préservation de la ressource en eau et produire des bénéfices pour la biodiversité.

À quoi servent-t-elles?
Les zones humides fournissent de multiples services utiles aux équilibres naturels et aux activités humaines :
- Rétention des eaux en période d’inondation
- Préservation et restitution de la ressource en eau en période de sécheresse
- Épuration de l’eau en particulier l’azote et le phosphore
- Limitation de l’érosion des sols
- Stockage du carbone
- Régulation climatique
- Fourniture de ressources naturelles
- Réservoir de biodiversité pour de nombreuses espèces
Au-delà de ces services, les zones humides jouent également un rôle social, culturel, patrimonial et esthétique.
RIPISYLVE
La ripisylve est l’ensemble des formations boisées (arbres, arbustes, buissons) qui se trouvent aux abords d’un cours d’eau. L’absence de ripisylve favorise l’érosion et le déplacement du cours d’eau.
La ripisylve présente de nombreux intérêts pour l’écologie du cours d’eau :
Lutte contre l’érosion : l’enracinement des arbres favorise le maintien des berges. Certains arbres, comme le saule ou l’aulne, sont plus adaptés que d’autres car ils ont un enracinement profond. Lors des crues, les végétaux protègent les berges.
Filtre les polluants : les engrais, les pesticides, peuvent être fixés par les plantes et les micro-organismes du sol, ce qui limite leur concentration dans les cours d’eau.
Apporte l’ombrage : la ripisylve apporte de l’ombre et réduit donc le réchauffement, l’évaporation, l’eutrophisation et l’asphyxie du cours d’eau.
Dissipe le courant : la ripisylve freine le courant lors des crues et peut donc limiter le risque d’inondation.
Abrite et nourrit : la ripisylve est une source de nourriture, un lieu de reproduction, de refuge et de vie pour de nombreuses espèces animales, végétales, terrestres et aquatiques (caches à poisson).
HYDROMORPHOLOGIE
L’hydromorphologie c’est l’étude de la morphologie (nature du sol, débit, pente, granulométrie du fond, etc.) des cours d’eau, fleuves et rivières, et notamment l’évolution de leurs profils (en long, en travers, tracé planimétrique).
L’hydromorphologie c’est aussi l’étude des caractéristiques physiques naturelles des rivières et de leurs annexes hydrauliques (les variations de profondeur, de courant, la structure et la politique d’entretien et d’aménagement de ces rivières et fleuves).
Un cours d’eau naturel est en constante évolution au fil des saisons et des années. Il est soumis aux étiages (périodes de basses eaux), aux crues, et aux inondations.
Un équilibre dynamique s’établit entre le débit solide (mouvement des sédiments), le débit liquide (déplacement de l’eau), la taille des matériaux transportés, les phénomènes de dépôts, de transport et d’érosion, tous ces facteurs conditionnant l’évolution morphologique du lit. Ce dernier est remodelé en permanence, de façon plus ou moins importante en fonction de l’énergie transportée par l’eau, diversifiant ainsi les habitats et les espèces.
Cette variabilité est depuis toujours un phénomène difficilement acceptable pour les sociétés humaines qui cherchent à s’en soustraire, car cela gêne certaines de leurs activités.
De fait, l’homme à façonné les rivières selon ses besoins et ses perceptions visuelles. Dès le 8ème siècle déjà les moines ont construit de nombreux moulins destinés à moudre le grain. Les premiers barrages hydroélectriques ont vu le jour à la fin du 19ème, et leur essor s’est confirmé tout au long du 20ème siècle. L’après-guerre a vu le début des travaux de remembrement et avec eux, les aménagements hydrauliques agricoles. Les cours d’eau tels que nous les connaissons aujourd’hui sont la résultante de toutes ces modifications opérées au fil des années, qu’elles soient à des fins agronomiques, énergétiques, touristiques ou de protection des inondations.
Aujourd’hui, les impacts de ces aménagements sur la qualité des milieux sont de plus en plus connus et ne laissent plus indifférents. Ils sont pourtant dénoncés depuis longtemps par les hydro-écologues et environnementalistes. Combinés à la dégradation généralisée de la qualité physicochimique de l’eau, due aux pollutions urbaines, industrielles et agricoles, ils conduisent à une modification profonde de la composition des peuplements biologiques aquatiques, qui se traduit par leur appauvrissement et leur simplification. Le fonctionnement physique et chimique des milieux est fortement perturbé, tout comme la quantité et la qualité de l’eau, rendant ainsi le milieu encore plus vulnérable aux multiples atteintes dont il fait l’objet.
La Directive Cadre sur l’Eau (DCE) vient nous rappeler que toutes ces années de modification sont révolues, et qu’il faut maintenant penser à réhabiliter ces milieux. Mais dans la restauration morphologique des cours d’eau, rien n’est simple : les travaux coûtent chers, les idées reçues sont tenaces et les résistances nombreuses…
